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À propos de Sylvio Boudreau

Artiste

Photo Sylvio Boudreau

Biographie


Originaire de Tracadie (N.-B.), à la fois peintre, sculpteur, écrivain, musicien et infographiste, Sylvio Boudreau a complété un baccalauréat en arts visuels - orientation enseignement à l'Université de Moncton (1984).  Il oeuvre depuis plus de 40 ans en tant qu’artiste-peintre et créateur multimédia et a à son crédit diverses expositions au Nouveau-Brunswick, au Québec et en Ontario. 


À 55 ans, il se découvre une passion pour l’écriture et rédige cinq recueils poétiques : Coeurs instables; Errance, mouvance et souvenance; De l’ombre à la lumière; Tes yeux électriques ; Exil poétique qu'il compte publier sous peu.

Autoportrait, 2014

Les débuts

J'ai tenté en vain durant les dix premières années de ma recherche en peinture de capturer l’authenticité en représentant avec exactitude diverses scènes du quotidien. Durant ces années, je tentais de témoigner d’une manière contemplative ces moments fébriles de l'activité humaine en reproduisant des scènes le plus réalistement possible, presque photographique. Mais je sentais que je faisais fausse route, c'était un peu comme prendre une photo, j'avais l'impression de dérober quelques choses; pas de créer une oeuvre nouvelle ayant une existence par elle-même.

Je sentais que je faisais fausse route, j'avais l'impression de dérober quelques choses; pas de créer une oeuvre nouvelle ayant une existence par elle-même.

Liberté, 1986

Le réalisme-synthétique

Dans le milieu des années 80, j'ai expérimenté une approche que j'appelais le «réalisme-synthétique » où j'ai ajouté une 4e dimensions dans mes œuvres : le temps. J'incorporais dans mes scènes des éléments temporels. Mes toiles étaient alors plus narratives. Par exemple, des gouttes de pluie sur des bottes évoquaient que la pluie avait tombée dehors, mais un rayon de soleil nous indiquait que le beau temps était revenu. Je cherchais l’intériorité dans des éléments de l'esprit, certaines toiles pouvaient même presque prendre l'apparence d'œuvres surréalistes. Je pouvais alors sortir du monde réel. 


Bien que cette période était intéressante au niveau intellectuel et contribua grandement à mon exploration de la sémiotique des objets dans mon oeuvre, je ne sentais pas encore que j'avais trouvé ma voie en ce qui a trait à ma préoccupation d’exprimer une certaine intériorité de l'être humain. Cette période m'a permis de me libérer d'une imagerie purement réaliste.

Cette période était intéressante au niveau intellectuel et contribua grandement à mon exploration de la sémiotique des objets dans mon œuvre.

Captivité, 1987

Trouver l’émotion

Si au début je m’inspirais de la vie quotidienne et ensuite de l’esprit, mon oeuvre ne pouvait être complète sans toucher à l'âme. Ma trinité devait s'accomplir. C’est alors qu’au lieu de chercher à reproduire fidèlement la réalité, ou l'intellect, j'ai exploré les émotions. Je redécouvre une large liberté picturale et une forme personnelle de délinquance visuelle. Presque monochrome au début, j’ai par la suite expérimenté un nouveau langage visuel, à l’aide de tâches, d’une gestuel libre et de formes organiques et expressives. 


Peu à peu, j’y ai introduit la couleur afin de rendre plus vibrantes les émotions. Aujourd’hui, le monde dans lequel mes personnages évoluent est désincarné de toute référence au monde réel. Mes personnages sont dans un univers abstrait empreint d’émotions.


Par ailleurs, mes personnages libérés des conventions, peuvent maintenant être déformés, le poids et les tensions du corps peuvent être amplifié à l'aide de jets expressifs de la couleur ou de lignes qui expriment un monde en

mouvement. Les visages sont parfois masqués car pas toujours nécessaire à l’expression recherchée. Je peux évoquer autant le sang qui coule dans les veines, qu’une danse entre deux corps, un baiser, que la souplesse d’un geste, un moment de contemplation, de joie ou d’une sensualité soudaine. Quelques fois des phrases poétiques peuvent apparaître pour la compléter ou pour dérouter.


Mon procédé pictural est assez simple. Lorsque je débute une nouvelle toile, je pars de l'émotion initiale que m’inspire un personnage, je dispose les éléments dans une composition complètement de manière abstraite, un corps ou un visage est d'abord une tache. Je vais disposer les formes, couleurs, textures de manière à traduire l’émotion ou un état d'être.

Le café des désirs, 1992

...j'ai finalement trouvé ma voie en me concentrant sur les émotions

Poème inachevé, 1995

Omniprésence des personnages

Mais pourquoi garder les personnages, quand juste une composition picturale abstraite peu exprimer une multitude d’émotions ? Tout simplement parce comme dans l'écriture d'un roman, je ne peins pas en «Je», mais à la troisième personne. Si je me limitais à ma propre intériorité, je serais vite limité dans ce que j'ai à exprimer en tant que créateur. Peindre à la troisième personne, me permet de vivre une plus grande palette d'intériorités. Je suis comme un comédien qui incarne des personnages multiples, sauf que moi mon médium ce n’est pas la parole, mais des tubes de couleur.

Quand je peins un personnage, je vie ses émotions par procuration.

Albert, 2015

 Après avoir recherché sans succès à traduire l'intériorité humaine par une approche purement réaliste ou dans un réaliste synthétique, j'ai finalement trouvé ma voie en me concentrant sur les émotions.

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